À Ottawa, nous sommes le Jeudi 24 Juillet 2025 et la saison des ouragans 2025 étonne toujours. Après un envol précoce avec trois tempêtes nommées entre 24 Juin et 5 Juillet, soit Andrea, Barry et Chantal, le bassin atlantique affiche depuis un silence quasi total. Habituellement, la troisième dépression baptisée apparaît autour du 3 Août, ce qui signifie que nous avions presque un mois de marge sur la moyenne annuelle, avant de plonger dans cette accalmie déconcertante.
Malgré des températures de surface océaniques qui dépassent fréquemment 27 °C (80.6 °F) – des valeurs propices aux ouragans – l’ambiance demeure atone. La poussière saharienne, abondante depuis le début de Juillet, assèche l’air et étouffe les orages indispensables aux systèmes tropicaux. L’énergie cyclonique accumulée, indicateur clé, oscille près de deux nœuds carrés, soit le plus bas niveau observé depuis 2009, alors qu’une saison classique affiche environ dix nœuds carrés à pareille date.
Les prévisionnistes évoquaient pourtant, au printemps, un scénario amplifié par le retour de La Niña conjugué à des eaux exceptionnellement chaudes. Jusqu’à présent, cet alignement théorique ne se traduit pas sur le terrain. Rappelons que le paroxysme de l’activité cyclonique se situe entre la mi-Août et la fin de Septembre, lorsque l’Atlantique atteint sa chaleur maximale. Un démarrage discret ne garantit donc aucunement une suite paisible ; la saison 2019, tranquille jusqu’à la mi-Août, avait rapidement engendré le redoutable Dorian.
Les provinces de l’Est du Canada – notamment la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador – demeurent exposées entre la fin d’Août et le début d’Octobre, fenêtre où les trajectoires post-tropicales prennent volontiers la direction du nord. L’exemple de Fiona en 2022 rappelle que même un ouragan déclassé peut provoquer d’importants dégâts sur le littoral atlantique.
Les modèles à long terme suggèrent encore un possible regain d’activité au cours des prochaines semaines. Tant que La Niña s’installe et que les eaux restent chaudes, le contexte reste fertile pour une reprise rapide de la machine tropicale.


