- Un été qui commence lentement dans le sud du Québec
- Un dôme de chaleur impressionnant, mais centré plus à l’ouest
- La ceinture de feu : instabilité et orages fréquents
- Un été très humide : pluies abondantes et risques d’inondations localisées
- Activité tropicale intense dans l’Atlantique : un facteur aggravant
- Feux de forêt et qualité de l’air en jeu
Un été qui commence lentement dans le sud du Québec
Alors que l’été météorologique débute officiellement le 1er juin, les premières semaines de juin 2025 s’annoncent plutôt timides en Québec. Plusieurs régions, notamment Gatineau, ont déjà ressenti des températures inférieures à la normale – jusqu’à 5 °C de moins durant une période de cinq jours. Cette fraîcheur persistante prolonge l’impression d’un printemps, repoussant l’arrivée des premiers 24 °C typiques du début de saison. Dans le sud et le centre de la province, les températures maximales estivales se manifestent habituellement vers la mi-juin.
Un dôme de chaleur impressionnant, mais centré plus à l’ouest
Le grand acteur météorologique de cet été sera un puissant dôme de chaleur campé au centre du continent nord-américain. Il s’étendra surtout sur les États centraux américains et les provinces canadiennes des Prairies, comme l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Dans ces zones, les températures excéderont largement les normales, engendrant des épisodes caniculaires répétés.
Même si le Québec n’est pas situé directement sous ce dôme, ses effets s’y feront sentir. Les nuitées y seront chaudes et moites, augmentant la température moyenne quotidienne. Le jour, les maximums resteront autour ou au-dessus des normales, mais ce sont les nuits tropicales, chargées en humidité, qui pourraient marquer la mémoire collective.
La ceinture de feu : instabilité et orages fréquents
Accompagnant ce dôme, une “ceinture de feu” instable se dessinera autour de lui, créant un fort contraste thermique propice à la formation de nombreux orages. Cette zone instable générera de l’activité orageuse fréquente jusqu’à l’est du Canada, incluant le Québec.
Selon le météorologue André Monette, la province oscillera entre les crêtes et les creux atmosphériques, provoquant une alternance entre beau temps temporaire et phénomènes violents. Ainsi, on pourrait assister à plus de 17 jours d’orages violents, au-dessus de la moyenne estivale habituelle, même si le nombre de vagues de chaleur (quatre) devrait se maintenir au standard saisonnier.
Un été très humide : pluies abondantes et risques d’inondations localisées
Les précipitations s’annoncent supérieures à la normale dans plusieurs régions, notamment le sud, l’est et le nord-ouest du Québec. Le couloir reliant Pontiac à Sept-Îles sera particulièrement touché. Ces pluies, bien que moins extrêmes que celles de l’été 2024, seront nourries par des orages convectifs fréquents, alimentés par l’humidité piégée sous le dôme.
En 2024, Montréal avait battu un record en recevant 180 % de sa pluie estivale habituelle, dont 154 mm en une seule journée le 9 août, à cause des restes de la tempête tropicale Debby. Cette année encore, les résidus de tempêtes tropicales atlantiques pourraient remonter jusqu’à la province.
Activité tropicale intense dans l’Atlantique : un facteur aggravant
La saison des ouragans dans l’Atlantique s’annonce très active, en raison de la disparition d’El Niño, de la chaleur anormale des eaux de surface et de la mousson intense attendue en Afrique de l’Ouest. Les restes de cyclones tropicaux pourraient donc atteindre le Québec, comme ce fut le cas en 2024 avec Beryl et Debby, provoquant des accumulations de pluie importantes et soudaines.
Feux de forêt et qualité de l’air en jeu
Enfin, ce cocktail météorologique soulève un risque notable d’incendies. Bien que le danger soit plus marqué dans le nord du Manitoba et de l’Ontario, la fumée des feux pourrait affecter la qualité de l’air au Québec, même si le territoire n’est pas directement menacé. Un simple orage sec pourrait suffire à déclencher des brasiers, avec des conséquences respiratoires pour les populations urbaines et rurales.
En collaboration avec Patrick Duplessis, André Monette et Réjean Ouimet, météorologues.


